Jerome Delvita
Blog présentant la production littéraire de l'auteur Jérôme Delvita
mardi 14 décembre 2010
Un matin à St Malo
Une pomme, une figue, un abricot
Une nuit à conduire au milieu
Des ombres çà et là qui s’étirent
Je me suis rencontré ce matin-là, tu me portes, tu vois je me respire
Les pâles des éoliennes sont figés et elles narguent l’hiver qui transpire
Le bassin aux bateaux me lâche des possibilités ; dans ses reflets déjà de mes délires…
C’est l’attente, un truc facile à comprendre, qui me rappelle mes faiblesses, qui me rappelle des délices …
Des yeux qui lancent des messages vers le sud, je crois, je suis servi d’illusion,
Et puis de nouveaux horizons, d’éventuelles prouesses à venir
Il reste tant de senteurs, de formes, de sensations à découvrir
Tant de musiques bizarres, de fils à dérouler, et en me perdant, de conneries à prédire
Les travaux ont commencé, et les choix se sont concentrés
Des tranchées dans les vagues, des concepts visés et baptisés
Des sauces sucrées salées, des déshabillés dont j’aimerai profiter
Des pièges, des gouffres, des mirages, que je tente d’éviter
Des lames à contrer, des kilomètres à raconter, de rivages en soupirs
Le canoë passe à côté de ma barque si légère, je garde mon lancer pour me conduire
Mon argent, pas encore sur le compte, je suis hors de portée, j’esquive la déroute
Mon héros est en toilette, il soustrait, additionne ; il renforce la prédiction…l’acide, la base…le pâté en croûte
Prépare un coup ; s’habille pour le froid, va s’offrir une dernière goutte …d’eau
S’engouffre dans l’orifice, il passe par l’excès, le cinéma, le shoot…sexuel
S’ensuit la bulle qui monte, descend, monte et pourtant… pourtant…. c’est mieux que l’on se quitte…
C’est mieux que l’on se quitte quelque temps…pour se retrouver à nouveau dans cette même vie, sans le contraire et sans le doute de tomber sur…
Une lampe, un lit, un cygne sur le bitume
Une orange pleine de pulpe qui tourne sur elle-même au son d’une flûte
La réserve, au fil du temps, qui se perd quand je fume
Elle se tend, vient de là-bas, ce destin qu’elle sait brut
Se retrouve à moitié nue méditant dans la brume
Abandonne et retrouve ce qu’elle cherche coût que coût
Un vide, un plein, une carrure
Un arbre, un champ, un lutin qui bat la mesure
Jérôme Delvita © 2009 pour les Éditions LDC 35,37 rue François Porché 16100 Cognac
réveil
je commande trois tournées de paix à la suite
je reçois un surin un calibre et du fric
je laisse tout tomber et tourne les talons
on m’attrape par le col on m’offre de l’alcool
j’en avale un dixième re-distille le reste
on me redresse on me retape on me test
et on agrafe un code sur le revers de ma veste
je me débat je crie je proteste
putain de mauvais rêve au début de ma sieste
et puis …
J’ai trouvé l’endroit sûr
L’îlot loin de tout ça, le calme, ma solitude
Un répit, une étoile, qui m’aime et me rassure
sans la posture
J’ai cherché tout le temps à prendre le bon vent
Semer mes certitudes
Qui m’emprisonnent et me condamnent
A d’immondes courbatures, des clefs sans serrures
Je me vide, je ne sais pas ce que sera mon futur
Ma nouvelle usure
Et ça souffle dans mes ailes, j’ai le choix de l’aventure
Je choisi j’en suis sûr,
Je choisi la tendresse et j’en oubli le reste
Je choisi la tendresse pour retrouver le reste
J’évite les effets de style
Je dérive je relative j’oublie le business
Et je cours sans cesse pour apprendre le reste
J’ai retrouvé la rivière
Oublié la misère elle a fait le nécessaire
J’ai oublié l’heure de mon trépas
Et mon soucis de l’au-delà
Ma morsure
J’esquisse un pas sur l’arrière
La diagonale de l’éphémère
Je la laisse tout faire
Je l’écoute je sais qu’elle fabule
J’imagine autant de bulles autant de chimères
Je la quitte très courtois
Je respire et je reçois, du sang dans mes artères
Je m’endors sur le toit
J’ai abusé de son appât
Du temps pour me refaire
Jérôme Delvita 2005 - éditions LDC - Cognac
J^
Première transe
La dépendance trouve sa transe
Le laid, le sordide glissent en cadence
Le privilège de zoner en silence propulsé par une fronde
mange les parties sensibles et fixe la longueur de la sonde
La couleur rouge alourdit tous les manques
La douleur, l’autre douleur qui s’arrange noie la virgule de la planque
C’est la gerbe régulier éboulis qui secoue les secondes
salade de vomit, large camaïeu de gris qui agrandit la ronde
C’est la nuit, le froid qui claque
la gorge qui se bloque, c’est le cri qui provoque
C’est le vide pris, amateur de sang pourri qui avance
C’est le coup qui veut tuer, l’âme qui se replie, cette branche qui retombe
Et le bruit léger d’un cailloux qui dégringole dans les grandes eaux qui grondent
Jérôme Delvita 2005 - éditions LDC - Cognac
jeudi 9 décembre 2010
Facile
La porte de l’écluse est close, les aloses sautent au dessus du barrage, elles remontent en groupe pour frayer vers l’amont
Le pré d’en face est habité, les coquelicots et les tulipes sauvages se recueillent dans le soleil du soir, les vaches sont allongées les unes près des autres
Le chaînon manquant impose une astreinte à la dignité
L’arrogance de la chaleur est absorbée, climatisée
Un couple anonyme s’enlace sur les sièges arrières en cuir fauve d’une voiture
Les sens s’éveillent et se détendent dans le clair-obscur
C’est une vision particulière, une trouvaille géniale
Un doux baiser qui n’en finit jamais, un amour plein de failles
L’esprit du lieu diligente une idée d’un décilitre
Une goutte d’eau sur de la mousse qui roule dans un filtre
La beauté envahit tout l’espace, elle se dépose sur chaque feuille, chaque pétale
Une surprise étonnée par l’effet qu’elle provoque refuse l’artifice, prend la forme d’une fumée, se saisie du parfum d’une Viorne, du Jasmin, d’une Rose
Les deux corps se redressent et les âmes s’apaisent, les mains poursuivent leur cueillette de raisins et de fraises
Un caillou se décroche du haut de la falaise
Une pie défend son nid fait de branches et de glaise
Le Héron prend son envol, libre et anonyme
Les regards se croisent, c’est un instant facile
Jérôme Delvita © 7.11.2007 éditions LDC rue F.Porché 16100 Cognac